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Culture américaine : l’ADL documente l’exclusion d’artistes juifs et israéliens

Une nouvelle enquête de l’ADL analyse les musées, l’édition et le spectacle vivant aux États-Unis et décrit des mécanismes d’effacement, de boycott et d’autocensure visant des voix juives et israéliennes.
AM ISRAEL HAI 01 Oct 2026
Culture américaine : l’ADL documente l’exclusion d’artistes juifs et israéliens

L’Anti-Defamation League a publié jeudi 1er octobre un ensemble de rapports consacré à la place des artistes juifs et israéliens dans la vie culturelle américaine. Réunis sous le titre State of the Arts, ils portent sur trois secteurs : les musées, l’édition et le spectacle vivant.

Douze musées sur quarante jugés « gravement déficients »

L’ADL affirme avoir évalué 40 grands musées américains selon leurs politiques internes, la représentation d’artistes juifs et israéliens et leurs partenariats. Douze établissements, soit 30 %, ont reçu la note la plus basse. Un seul, le Berkeley Art Museum & Pacific Film Archive, a atteint le meilleur niveau du classement.

L’organisation relève également qu’aucun des 40 musées étudiés ne mentionne explicitement l’identité juive dans ses engagements en matière de diversité. Elle précise que seulement un musée a consacré une programmation au Jewish American Heritage Month en 2026, alors que 24 établissements continuaient à reconnaître d’autres mois du patrimoine.

Pressions dans l’édition et annulations de spectacles

Le volet consacré à l’édition s’appuie notamment sur plus de 30 entretiens avec des auteurs et des professionnels. Il décrit des demandes visant à retirer des mots en hébreu, des décors israéliens ou des noms à consonance juive, ainsi que des refus de représentation liés à une identité juive, israélienne ou sioniste présumée.

Dans le spectacle vivant, l’ADL recense 65 cas dans 41 villes américaines : perturbations, campagnes de boycott, retraits d’invitations et annulations motivées par la crainte de manifestations. Selon le rapport, cette logique crée parfois un « veto sécuritaire », l’anticipation d’un incident suffisant à faire disparaître un artiste de la programmation.

Une étude à lire avec sa méthodologie

Ces conclusions sont celles de l’ADL et doivent être appréciées à la lumière de ses critères d’évaluation. L’organisation indique avoir permis aux musées concernés de relire leurs fiches ; 23 sur 40 ont participé. Une enquête complémentaire menée auprès de 951 adultes américains n’est pas présentée comme représentative de l’ensemble de la population.

L’ADL appelle les institutions culturelles à nommer explicitement l’antisémitisme, à inclure l’histoire et la création juives dans leurs programmes et à ne pas céder aux pressions visant un artiste en raison de son identité ou de sa nationalité.

Sources : ADL, communiqué et synthèse des rapports ; Jewish Telegraphic Agency.