Antisémitisme en ligne : un niveau record sur 11 plateformes, selon l’OHPI

L’antisémitisme en ligne a atteint son niveau le plus élevé depuis le début du suivi de l’Online Hate Prevention Institute en 2022. Dans un rapport publié le 15 octobre 2026, l’organisme australien affirme qu’aucune des plateformes étudiées n’est revenue à son niveau antérieur aux attaques du 7 octobre 2023.
La période de juillet à septembre 2026 est le trimestre le plus élevé observé par l’OHPI. L’étude couvre plus de 29 500 contenus antisémites recueillis sur onze plateformes : Facebook, Instagram, X, TikTok, YouTube, LinkedIn, Reddit, Telegram, Gab, BitChute et, pour la première fois, Threads.
Une mesure comparative, pas un comptage exhaustif d’Internet
L’OHPI mesure le nombre de contenus identifiés pendant huit heures de surveillance et applique la même méthode d’une période à l’autre. Chaque élément est ensuite examiné et classé par des analystes spécialisés. Cette méthode permet de comparer l’évolution des plateformes, mais les 29 500 contenus ne représentent pas un décompte complet de tout l’antisémitisme publié sur Internet.
Le suivi est réalisé depuis l’Australie, mais les contenus observés proviennent de nombreux pays. Le rapport décrit donc des tendances internationales, et non une mesure limitée à l’Australie.
Instagram, TikTok et YouTube continuent de progresser
Selon l’étude, Facebook, X, Gab, Telegram, Reddit et BitChute demeurent à des niveaux durablement supérieurs à ceux d’avant le 7-Octobre. Sur Instagram, TikTok et YouTube, la hausse s’est poursuivie au-delà du pic initial suivant l’attaque.
Threads, intégré pour la première fois, présente un niveau comparable à celui de X. L’OHPI relève aussi que les baisses momentanées observées sur Facebook, Instagram et Threads en juin et juillet n’ont pas duré.
Les vieux mythes antisémites restent majoritaires
Le résultat le plus marquant concerne la nature des contenus. Les formes dites « traditionnelles » — complots sur le pouvoir juif, accusations de richesse ou d’influence, déshumanisation, diffamation du sang ou accusation de déicide — représentent plus du double des contenus classés comme antisémitisme lié à Israël ou au sionisme.
Cette répartition conduit l’OHPI à contester l’idée selon laquelle la progression observée s’expliquerait principalement par une mauvaise classification de critiques légitimes d’Israël. Le rapport précise toutefois qu’une défense de la cause palestinienne n’est pas en elle-même antisémite : ce sont les contenus reprenant des stéréotypes, ciblant collectivement les Juifs ou appelant à la haine qui sont classés dans les catégories étudiées.
Des profils différents selon les plateformes
Sur LinkedIn, plus de 70 % des contenus antisémites recueillis sont liés à Israël, au sionisme ou aux sionistes. À l’inverse, les vieux stéréotypes dominent particulièrement sur Gab et Telegram. Le rapport constate également que l’essentiel du négationnisme de la Shoah relevé apparaît désormais sur des plateformes grand public.
Les contenus faisant l’apologie de la violence ou d’idéologies extrémistes comme le nazisme restent minoritaires, mais progressent notamment dans les commentaires de YouTube et TikTok. L’OHPI appelle les plateformes à renforcer leurs politiques, la formation des équipes de modération et leurs outils automatisés.
Visuel de couverture : applications de réseaux sociaux sur un smartphone, photographie d’archive du 27 juillet 2017. Crédit : Mike MacKenzie / mikemacmarketing, via Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0. Cette image n’illustre aucun contenu précis étudié par l’OHPI.