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Ben-Gvir propose de réécrire le code éthique de Tsahal s’il devient ministre de la Défense

Itamar Ben-Gvir veut remplacer la « pureté des armes » par la « justice des armes » et réécrire plusieurs passages de « l’Esprit de Tsahal » s’il devient ministre de la Défense. Une promesse de campagne datée du 15 octobre 2026, pas une décision déjà adoptée.

AM ISRAEL HAI 15 Oct 2026
Ben-Gvir propose de réécrire le code éthique de Tsahal s’il devient ministre de la Défense

Itamar Ben-Gvir a présenté jeudi 15 octobre 2026 un projet de réécriture de « l’Esprit de Tsahal », le code éthique de l’armée israélienne, qu’il dit vouloir porter s’il devient ministre de la Défense. L’annonce intervient pendant la campagne électorale et ne constitue ni une décision de Tsahal, ni une réforme déjà adoptée.

Le ministre de la Sécurité nationale et président d’Otzma Yehudit propose de redéfinir plus explicitement la mission de l’armée autour de la victoire et de la défaite des ennemis de l’État d’Israël et du peuple juif, tout en maintenant la protection de la sécurité du pays, de ses citoyens et de ses résidents.

De la « pureté des armes » à la « justice des armes »

Le changement le plus symbolique serait le remplacement de la valeur de tohar haneshek, généralement traduite par « pureté des armes », par celle de tsidkat haneshek, « justice des armes ». Le projet de Ben-Gvir ajoute comme repère moral le principe talmudique selon lequel il faut devancer celui qui vient vous tuer.

Le texte diffusé par son parti renforce également les références à la Bible, à l’éthique juive, au droit hébraïque et aux traditions du peuple juif. Il définit Tsahal comme une armée juive et étatique, soumise à la loi et au gouvernement.

Des formulations sensibles disparaissent

La version proposée omet plusieurs formulations explicites présentes dans le code actuel : l’usage de la force « seulement dans la mesure nécessaire », ainsi que le passage interdisant de viser les non-combattants et les prisonniers. Elle retire aussi la référence aux « valeurs morales universelles » parmi les sources du code.

Ces suppressions ne signifient pas que le projet abolirait toute référence à la dignité humaine. Le document de Ben-Gvir conserve un principe selon lequel chaque personne possède une valeur inhérente, sans distinction d’origine, de religion, de nationalité, de sexe, de statut ou de fonction. Cette coexistence entre un langage plus offensif et le maintien de la dignité humaine sera au cœur du débat.

Ce que dit aujourd’hui le code officiel

Dans sa version publiée par Tsahal, « l’Esprit de Tsahal » est présenté comme le cadre éthique guidant les soldats et leurs commandants dans leurs activités quotidiennes et opérationnelles. La « pureté des armes » y impose de n’utiliser la force que pour la mission et dans la mesure nécessaire, de préserver son humanité au combat et d’éviter de porter atteinte aux non-combattants et aux prisonniers.

Le code actuel place également parmi ses valeurs fondamentales la défense de l’État et de ses habitants, le patriotisme, la dignité humaine et le caractère étatique de l’armée. Il inclut déjà la persévérance dans la mission et la recherche de la victoire parmi ses valeurs dérivées.

Une proposition conditionnelle

Ben-Gvir n’est pas ministre de la Défense. Son projet est lié à son ambition d’obtenir ce portefeuille après les élections. Pour devenir une politique effective, il devrait donc d’abord accéder au poste puis engager un processus institutionnel au sein du futur gouvernement et de l’appareil militaire.

L’enjeu dépasse un simple changement de vocabulaire : le code éthique sert de référence pédagogique et professionnelle à l’ensemble de Tsahal. Toute révision de ses principes serait donc observée de près en Israël, par les juristes militaires, les officiers et les responsables politiques.

Sources

Visuel : montage éditorial à partir de photographies sous licences Creative Commons. Portrait d’Itamar Ben-Gvir par Alon Nuriel, CC BY-SA 3.0 ; Knesset par Oren1973, CC BY-SA 4.0. Images recadrées et adaptées.