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Berlin : les négociations de coalition suspendues sur les garanties contre l’antisémitisme

Le SPD et les Verts suspendent leurs négociations avec Die Linke pour vérifier les garanties promises contre l’antisémitisme. La future coalition berlinoise reste en suspens.
AM ISRAEL HAI 13 Oct 2026
Berlin : les négociations de coalition suspendues sur les garanties contre l’antisémitisme

Les négociations exploratoires pour former le prochain gouvernement de Berlin ont été suspendues mardi soir 13 octobre 2026, après un désaccord sur les garanties exigées contre l’antisémitisme. Le SPD et les Verts ont interrompu leurs discussions avec Die Linke afin de vérifier si les engagements annoncés cinq jours plus tôt restent effectivement partagés par l’ensemble du groupe parlementaire de gauche.

Cette pause ne signifie pas, à ce stade, que la coalition est définitivement abandonnée. Elle place toutefois l’antisémitisme, la protection de la vie juive et le rapport à Israël au centre de la formation du prochain exécutif de la capitale allemande.

Un accord vieux de cinq jours remis à l’épreuve

Le 8 octobre, les trois partis avaient annoncé un compromis permettant d’ouvrir les pourparlers. Ce texte reconnaissait la définition de l’antisémitisme de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA), affirmait le droit d’Israël à exister et prévoyait une procédure interne en cas de propos ou de comportements antisémites.

Dans le mécanisme envisagé, les responsables parlementaires des trois formations devaient d’abord rechercher un accord sur d’éventuelles sanctions, pouvant aller jusqu’à l’exclusion d’un élu du groupe ou du parti. En cas de désaccord, un collège d’experts devait être saisi.

Selon Reuters, le SPD et les Verts ont décidé de suspendre les échanges afin d’examiner si une nouvelle déclaration signée par les élus de Die Linke reste conforme à cet accord. La formation de gauche a dit ne pas comprendre cette décision et soutient que ses engagements contre l’antisémitisme, pour la protection de la vie juive et pour le droit d’Israël à exister demeurent inchangés.

Pourquoi Berlin est un test politique

Die Linke est arrivée en tête de l’élection régionale du 20 septembre avec environ un quart des suffrages. Une alliance avec les Verts et le SPD pourrait lui permettre de gouverner la capitale. Mais les relations de certains membres du parti avec des mobilisations pro-palestiniennes et les divergences internes sur Israël ont alimenté la méfiance de ses partenaires potentiels.

Le dossier dépasse donc une querelle de procédure. Berlin abrite l’une des plus importantes communautés juives d’Allemagne et le débat intervient dans un contexte de hausse des actes antisémites depuis le massacre du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi. Le SPD et les Verts ont présenté des garanties contraignantes comme une condition préalable à toute coalition.

Une dépêche de l’agence allemande DPA, reprise mardi soir par Die Welt, confirme que les deux partis veulent d’abord examiner la déclaration des élus de Die Linke avant de décider d’une éventuelle reprise des discussions.

Ce qui reste incertain

Aucun calendrier de reprise n’a été annoncé mardi soir. Il n’est pas non plus établi que les divergences conduiront à une rupture définitive. Le prochain signal décisif sera la position formelle du SPD et des Verts après l’examen de la déclaration signée par la nouvelle fraction parlementaire de Die Linke.

Pour la communauté juive berlinoise, l’enjeu sera moins la formulation d’un nouveau texte que son application concrète : sécurité des institutions, réponse aux incidents, discipline interne des partis et capacité de la future coalition à traiter l’antisémitisme sans ambiguïté.


Sources : Reuters, 13 octobre 2026 ; Reuters, 8 octobre 2026 ; DPA / Die Welt, 13 octobre 2026.

Photo de couverture : Peter Thieme / Abgeordnetenhaus Berlin. Habillage éditorial : Am Israel Hai.