Biennale de Jérusalem 2026 : 42 expositions font remonter l’art « des profondeurs »

La septième Biennale de Jérusalem est désormais ouverte. Depuis le 24 septembre et jusqu’au 12 novembre 2026, la capitale accueille 42 expositions réparties dans 21 lieux, avec plus de 250 artistes israéliens et internationaux. L’édition, intitulée De Profundis (« Des profondeurs »), fait de l’art contemporain juif un espace de mémoire, de débat et de reconstruction.
Une ville entière transformée en parcours artistique
La Biennale ne se limite pas à un musée. Son programme se déploie pendant sept semaines dans des institutions, des galeries et des bâtiments patrimoniaux de Jérusalem. Parmi les étapes annoncées figurent le musée de la Tour de David, le musée U. Nahon d’art juif italien, le Bible Lands Museum, l’Institut Van Leer, Hamiffal Gallery et Studio of Her Own.
L’un des pôles majeurs est l’ancien bâtiment de la Bibliothèque nationale d’Israël, sur le campus de Givat Ram. À lui seul, il accueille 14 expositions. Ce choix relie directement la création contemporaine à un lieu chargé d’histoire culturelle israélienne.
« De Profundis » : du Psaume 130 à l’après-7-Octobre
Le titre renvoie aux premiers mots du Psaume 130 : « Des profondeurs, je t’appelle ». Selon la présentation officielle, ce thème invite artistes et commissaires à faire remonter ce qui demeure enfoui — douleur, perte, foi, solidarité, espoir — et à interroger la capacité de l’art à accompagner le deuil, la guérison et la reconstruction.
La Biennale relie explicitement cette réflexion aux conséquences du massacre du 7 octobre 2023 et de la guerre qui a suivi. Elle ne propose pas une lecture unique : les expositions abordent la mémoire collective, la prière, les fractures sociales, la résilience et la possibilité d’imaginer un avenir après le traumatisme.
Les fenêtres d’Ardon comme point de départ
L’exposition Reflecting Light, organisée autour des célèbres fenêtres de Mordechai Ardon, réunit vingt artistes israéliens. Ces œuvres répondent à la vision d’Isaïe représentée par les vitraux — celle d’un monde où les épées deviennent des socs de charrue — en la prolongeant, en la questionnant ou en la confrontant à la réalité contemporaine.
Parmi les autres temps forts figurent Akeida Alone de l’artiste new-yorkais Richard McBee, consacré au sacrifice d’Isaac, ainsi que Open Wound, une exposition collective conçue avec le Marlene Meyerson JCC Manhattan qui ouvrira le 11 octobre à l’Institut Van Leer. Une nouvelle œuvre vidéo de Yehudit Sasportas doit également être présentée au musée de la Tour de David à partir du 12 octobre.
Un événement israélien et international
Des expositions collectives venues de Los Angeles, Boston, Portland, Omaha, Buenos Aires et Prague participent aussi à cette édition. Cette dimension internationale renforce le rôle que la Biennale revendique depuis sa création en 2013 : offrir une plateforme mondiale à l’art contemporain lié au monde juif.
Pour le public, l’enjeu est autant de voir les œuvres que de traverser Jérusalem autrement. Les 21 sites composent un itinéraire entre quartiers, musées, galeries et lieux de mémoire. Le programme comprend également des visites, des rencontres, des performances et des événements spéciaux.
Visuel de couverture : illustration éditoriale générée, ne représentant pas une œuvre ou une exposition réelle de la Biennale.