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Otages : la présidente du CICR estime que des pressions plus précoces auraient « sauvé davantage de vies »

Mirjana Spoljaric affirme que des pressions plus précoces dans les négociations sur les otages israéliens auraient pu sauver davantage de vies.
AM ISRAEL HAI 11 Oct 2026
Otages : la présidente du CICR estime que des pressions plus précoces auraient « sauvé davantage de vies »

La présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric, estime que des pressions plus précoces dans les négociations sur les otages israéliens détenus à Gaza auraient pu sauver davantage de vies. Cette déclaration, publiée le samedi 10 octobre 2026 dans un entretien au New York Times, intervient après des années de critiques en Israël sur l’incapacité de l’organisation à accéder aux captifs.

« Nous aurions pu sauver davantage de vies »

Interrogée sur l’absence de visites du CICR aux otages pendant leur captivité, Mirjana Spoljaric a rappelé qu’elle considérait leur libération sans condition comme l’objectif à poursuivre dès le premier jour. Elle a aussi souligné qu’une captivité prolongée rend une libération toujours plus difficile et plus dangereuse.

La dirigeante du CICR a ensuite estimé que la pression exercée autour des négociations aurait dû intervenir plus tôt. Selon ses mots, cela aurait permis de « sauver davantage de vies ». Elle n’a pas désigné un seul gouvernement ou médiateur comme responsable de ce retard.

Des discussions avec le Hamas et Netanyahu

Spoljaric affirme s’être rendue deux fois au Qatar afin de rencontrer la direction du Hamas, notamment Ismaïl Haniyeh, et avoir également eu des échanges directs avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Elle décrit ces conversations comme difficiles et explique que leur confidentialité faisait partie de la méthode du CICR.

Le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens avaient enlevé 251 personnes lors de l’attaque du 7 octobre 2023. D’après le bilan rappelé par le Times of Israel, 40 otages capturés vivants sont morts en captivité : la majorité ont été tués par leurs ravisseurs, tandis que certains ont péri lors de tirs israéliens.

Pourquoi le CICR n’a-t-il pas pu visiter les captifs ?

L’organisation a été fortement critiquée en Israël pour ne pas avoir contrôlé les conditions de détention des otages ni assuré l’acheminement régulier de médicaments. Mirjana Spoljaric répond que visiter des personnes détenues par un groupe armé clandestin est plus complexe que servir d’intermédiaire au moment d’une libération négociée.

Le CICR défend sa neutralité comme une condition indispensable pour pouvoir dialoguer avec toutes les parties et intervenir sur le terrain. Cette position ne met toutefois pas fin au débat : la nouvelle déclaration de sa présidente reconnaît publiquement que le facteur temps a eu des conséquences humaines irréversibles.

Un débat qui concerne aussi les prisonniers palestiniens

Dans le même entretien, Spoljaric a demandé le rétablissement des visites du CICR auprès des prisonniers palestiniens détenus par Israël, en invoquant les obligations prévues par les Conventions de Genève. Cette demande demeure distincte de la responsabilité du Hamas dans l’enlèvement et la détention des otages israéliens.

Le 9 octobre, le CICR avait également rappelé, à l’issue de rencontres au Vatican et en Italie, que plus de 130 conflits armés étaient actuellement recensés dans le monde et que le respect du droit humanitaire dépendait directement de la volonté des dirigeants politiques.

Sources

Photo de couverture : Mirjana Spoljaric lors d’une audience au Vatican le 9 octobre 2026, photographie officielle diffusée par le CICR/Vatican Media, recadrée et titrée par Am Israel Hai. Cartes 2 à 4 : visuels éditoriaux illustratifs créés pour Am Israel Hai ; ils ne représentent ni les otages, ni une négociation réelle, ni un corridor documenté.