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Après le 7-Octobre, une étude mesure une forte hausse de l’antisémitisme en ligne en Allemagne

Un préprint allemand portant sur 125 718 messages publics constate une progression significative de l’antisémitisme sur Facebook et Telegram, avec une prévalence environ dix fois supérieure sur Telegram.
AM ISRAEL HAI 01 Oct 2026
Après le 7-Octobre, une étude mesure une forte hausse de l’antisémitisme en ligne en Allemagne

Une nouvelle étude allemande conclut à une progression significative de l’antisémitisme dans les discussions publiques sur Facebook et Telegram après les attaques du 7 octobre 2023. Les chercheurs ont analysé 125 718 messages en allemand publiés pendant les trois mois précédant et les trois mois suivant l’attaque du Hamas contre Israël.

Le travail de Gregor Wiedemann et Daniel Wehrend, du Leibniz-Institut für Medienforschung – Hans-Bredow-Institut à Hambourg, a été mis en ligne le 28 septembre sur arXiv. Il s’agit d’un préprint : les résultats sont accessibles publiquement, mais le document ne doit pas être présenté comme une publication déjà validée par une revue scientifique avec comité de lecture.

Telegram, environ dix fois au-dessus de Facebook

Selon les auteurs, l’antisémitisme apparaît sur les deux plateformes après le 7-Octobre, mais il est environ dix fois plus fréquent dans les messages étudiés sur Telegram que sur Facebook. Les formes observées ne sont pas identiques : sur Telegram, les stéréotypes classiques sur le pouvoir et les théories du complot dominent davantage.

Sur Facebook, les contenus classés comme antisémites sont plus souvent liés à des discours accusant Israël de génocide à Gaza. Les chercheurs notent toutefois une convergence progressive : les formes classiques augmentent sur Facebook, tandis que les catégories directement liées à Israël progressent sur Telegram.

Vingt-six catégories analysées par intelligence artificielle

Pour mener cette étude à grande échelle, les auteurs ont défini 26 catégories couvrant notamment les théories du complot, la négation de la Shoah, les stéréotypes antijuifs ou la remise en cause du droit d’Israël à exister. Ils ont ensuite testé plusieurs modèles de langage ouverts afin de classer automatiquement les messages.

Le meilleur dispositif atteint jusqu’à 83 % de score F1 pour la détection binaire de l’antisémitisme sur l’échantillon validé manuellement. Ce chiffre indique une performance utile, mais imparfaite : certains messages peuvent rester mal classés.

L’un des résultats méthodologiques les plus intéressants concerne le contexte. Lorsque le modèle reçoit des informations supplémentaires sur l’utilisateur, comme son nom ou son identifiant, les faux positifs diminuent fortement. Cela permet par exemple de mieux distinguer un propos antisémite d’un message qui cite ou dénonce ce même propos.

Ce que l’étude démontre — et ses limites

Le travail montre qu’un changement massif du discours a eu lieu dans l’échantillon étudié après le 7-Octobre. Il ne permet cependant pas d’affirmer que tous les utilisateurs allemands, ni l’ensemble des réseaux sociaux, ont évolué de la même manière. Facebook et Telegram ont des publics, des règles et des modes de circulation différents.

La classification automatique dépend également des définitions retenues et du contexte linguistique. Les auteurs ont cherché à réduire ce biais par une validation humaine, mais ils reconnaissent que la détection de l’antisémitisme reste difficile lorsqu’un message est ironique, critique, cité hors contexte ou mêle politique israélienne et stéréotypes antijuifs.

Malgré ces précautions, l’écart constaté entre Telegram et Facebook et l’augmentation après le 7-Octobre apportent des données nouvelles à un débat souvent dominé par des impressions. Pour les organisations juives, les chercheurs et les plateformes, l’enjeu est désormais de mieux détecter la haine sans confondre analyse, critique politique et antisémitisme.

Source : Gregor Wiedemann et Daniel Wehrend, « The Surge of Anti-Semitism in German Social Media following the October 7 Attacks », arXiv, 28 septembre 2026. Visuel éditorial illustratif conçu par Am Israel Hai.