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France : jusqu’à 500 lycées fermés lundi, la crise scolaire change d’échelle

Après une semaine de blocages et d’incidents, le ministre de l’Éducation annonce la fermeture totale ou partielle de 400 à 500 lycées lundi 5 octobre. Une nouvelle mobilisation nationale est prévue mardi.
AM ISRAEL HAI 04 Oct 2026
France : jusqu’à 500 lycées fermés lundi, la crise scolaire change d’échelle

La crise qui secoue les lycées français entre dans une nouvelle phase. Dimanche 4 octobre, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé que 400 à 500 établissements seront totalement ou partiellement fermés lundi 5 octobre, lorsque les conditions de sécurité ne permettront pas un accueil normal des élèves.

Cette décision intervient après une semaine de blocages, de manifestations et d’incidents qui ont touché des centaines de lycées dans le pays. Le mouvement est né de revendications sur les classes surchargées, le manque d’enseignants, l’état de certains bâtiments et Parcoursup. Il s’est rapidement étendu, jusqu’à concerner environ 1 200 lycées au plus fort de la mobilisation, selon les informations recueillies par Reuters.

24 établissements incendiés ou saccagés

Édouard Geffray a dressé dimanche un bilan particulièrement lourd pour l’Éducation nationale : 24 lycées ont été incendiés ou saccagés depuis le début du mouvement et 78 personnels ont été blessés. Ces chiffres, communiqués par le ministre, ne signifient pas que toutes les mobilisations ont été violentes : dans de nombreuses villes, les rassemblements sont restés pacifiques. Mais des groupes extérieurs ou des participants violents ont profité de certains blocages pour affronter les forces de l’ordre et dégrader des bâtiments.

Le gouvernement prévoit une réouverture progressive des établissements. La fermeture annoncée pour lundi pourra être totale ou limitée à certaines zones, en fonction de la situation locale et des évaluations de sécurité menées avec les préfectures.

Plus de 5 000 interpellations en une semaine

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a indiqué vendredi sur TF1 que plus de 5 000 personnes avaient été interpellées depuis lundi, dont environ 85 % de mineurs. La porte-parole de la police nationale, Agathe Foucault, a par ailleurs déclaré samedi sur RTL que plus de 600 policiers et gendarmes avaient été blessés depuis le début de la mobilisation.

Ces chiffres doivent être lus avec précision : une interpellation ne vaut pas condamnation, et les bilans fournis par les autorités peuvent évoluer à mesure que les procédures sont examinées. Le ministère de l’Intérieur a également saisi l’Inspection générale de la police nationale au sujet de cinq interventions, afin d’en vérifier la proportionnalité.

Une nouvelle journée de mobilisation mardi

La tension pourrait se prolonger. Des organisations lycéennes et étudiantes ont appelé à une nouvelle journée nationale de mobilisation mardi 6 octobre. Le SNES-FSU, principal syndicat du second degré, a appelé les personnels à se tenir aux côtés des élèves et à faire grève ce jour-là.

Le prochain test sera donc double : rouvrir le plus grand nombre possible de lycées lundi dans des conditions sûres, puis éviter une nouvelle flambée de violences lors de la mobilisation de mardi. Le fond du conflit reste, lui, entier : moyens de l’Éducation nationale, conditions d’étude, orientation post-bac et confiance entre les jeunes et les institutions.

Sources

Illustration de couverture générée par intelligence artificielle. Visuel éditorial illustratif : il ne représente ni un établissement précis ni des personnes réelles identifiables.