Iran : Washington menace de sanctionner sans préavis les banques étrangères

Le département américain du Trésor a publié lundi 5 octobre 2026 une alerte directe aux établissements financiers étrangers : ceux qui continuent à traiter avec l’Iran, son secteur financier ou des banques iraniennes déjà sanctionnées s’exposent désormais à des mesures américaines pouvant être prises sans notification préalable.
L’avertissement a été rendu public par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) et relayé par Reuters à 20 h 25 UTC. Il ne crée pas, à lui seul, une interdiction mondiale uniforme de toute transaction avec l’Iran. Il précise cependant le niveau de risque que Washington entend faire peser sur les banques situées hors des États-Unis lorsqu’elles maintiennent des relations avec des acteurs iraniens sanctionnés.
Une menace de sanctions secondaires explicite
L’OFAC indique que les institutions financières étrangères qui continuent à effectuer des opérations avec des banques iraniennes sanctionnées peuvent être ciblées à tout moment. Le Trésor leur demande de mettre fin immédiatement aux activités et relations concernées.
Les conséquences possibles sont lourdes. Washington peut notamment interdire ou restreindre l’ouverture et le maintien de comptes correspondants ou de comptes de passage aux États-Unis. En pratique, une telle mesure peut priver une banque étrangère d’un accès essentiel au système financier en dollars. Des sanctions civiles ou pénales sont également possibles si des opérations liées à l’Iran conduisent des institutions américaines ou d’autres personnes américaines à violer les sanctions existantes.
« Operation Economic Outcast »
Cette alerte s’inscrit dans l’« Operation Economic Outcast », annoncée le 24 août 2026 par le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent. L’administration américaine a alors élargi le risque de sanctions secondaires à plusieurs secteurs : actifs numériques, technologies, or, aviation et transport maritime.
Le document officiel cite plusieurs étapes déjà franchies. Le 28 août, le Trésor a coupé l’accès de Banque Misr UAE aux relations de correspondant bancaire américaines. Le 4 septembre, il a sanctionné la banque turque Golden Global Bank et ses filiales, accusées d’avoir facilité des dizaines de millions de dollars de transactions au bénéfice de la Force al-Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique. Le 14 septembre, Washington a également désigné VTB Bank pour son rôle présumé dans des mécanismes de contournement des sanctions visant l’Iran.
Le pétrole et les réseaux bancaires parallèles
L’OFAC insiste sur les réseaux de « shadow banking » utilisés, selon le Trésor, pour dissimuler l’origine iranienne de fonds issus principalement de la vente de pétrole et d’autres matières premières. Ces circuits reposent sur des intermédiaires de confiance, des sociétés-écrans et des entités de façade afin de conserver un accès au système financier international.
Les banques étrangères sont donc appelées à renforcer leurs contrôles : identification des bénéficiaires réels, surveillance des filiales ou succursales de banques iraniennes dans des pays tiers, analyse des paiements indirects et détection des schémas déjà signalés par le Financial Crimes Enforcement Network.
Pourquoi cette décision compte pour Israël
Cette pression financière intervient dans le contexte de la confrontation régionale ouverte le 28 février 2026 entre l’Iran, Israël et les États-Unis. L’objectif affiché de Washington est de réduire les canaux internationaux permettant au régime iranien, à ses secteurs stratégiques et aux Gardiens de la révolution d’accéder aux dollars et de déplacer des fonds à l’étranger.
Pour Israël, la portée de l’alerte dépasse le seul secteur bancaire. Les revenus énergétiques, les circuits de paiement opaques et l’accès aux banques correspondantes déterminent la capacité de Téhéran à financer ses activités militaires et ses réseaux régionaux. L’efficacité de cette nouvelle mise en garde dépendra toutefois de son application concrète, de la coopération des banques étrangères et des éventuelles désignations qui suivront.
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