Am ISRAEL HAI

Israël : 61 économistes alertent sur le risque de sanctions et de hausse du coût de la vie

Une lettre signée par 61 économistes et anciens hauts responsables israéliens avertit qu’un élargissement des mesures visant les implantations pourrait toucher les banques, le commerce et le coût de la vie. Il s’agit d’un avertissement collectif, pas d’une prévision officielle.
AM ISRAEL HAI 18 Oct 2026
Israël : 61 économistes alertent sur le risque de sanctions et de hausse du coût de la vie

Soixante et un économistes, universitaires et anciens hauts responsables israéliens ont rendu publique dimanche 18 octobre 2026 une lettre alertant sur les conséquences économiques possibles d’un élargissement des mesures étrangères visant les implantations et les violences de résidents israéliens en Cisjordanie.

Le document est une prise de position collective. Il ne constitue ni une prévision de la Banque d’Israël, ni l’annonce d’une nouvelle sanction, ni un chiffrage officiel de l’impact sur la croissance ou l’inflation. Ses auteurs demandent au gouvernement d’agir avant que des restrictions aujourd’hui ciblées ne produisent, selon eux, un effet plus large sur l’économie israélienne.

Un risque de propagation aux banques et aux chaînes d’approvisionnement

La lettre soutient que l’économie des implantations n’est pas séparée du reste du pays : les mêmes banques, assureurs, fournisseurs et systèmes de paiement desservent des entreprises situées de part et d’autre de la Ligne verte. Les signataires estiment donc que des acteurs étrangers pourraient réduire leurs relations avec des groupes israéliens entiers afin d’éviter un risque juridique ou réputationnel.

Ils citent les secteurs bancaire, financier, assurantiel et de la construction parmi les plus exposés à ce qu’ils décrivent comme un « effet de refroidissement ». À leurs yeux, ce mécanisme pourrait compliquer les paiements internationaux, perturber certaines chaînes d’approvisionnement et, à terme, renchérir des biens et services en Israël.

Des mesures encore très différentes selon les pays

D’après le décompte repris par N12, douze pays représentant environ 10 % des exportations israéliennes au premier semestre 2026 ont adopté ou envisagent des restrictions liées aux implantations. Le Royaume-Uni a annoncé son intention de préparer une interdiction d’importer certains produits issus des implantations et d’examiner d’autres mesures, mais le texte britannique n’est pas encore en vigueur. Les calendriers et les périmètres restent différents d’un pays à l’autre.

Les auteurs mentionnent également la mise à jour de la base de données des Nations unies consacrée aux entreprises liées aux implantations. Ce point est invoqué par les signataires comme un facteur de risque supplémentaire pour des sociétés dont les activités ou les filiales sont imbriquées dans l’économie israélienne.

Des signataires issus de la politique économique israélienne

Parmi les signataires figurent Jacob Frenkel, ancien gouverneur de la Banque d’Israël, les anciens vice-gouverneurs Zvi Eckstein et Avia Spivak, l’ancien superviseur des banques Yair Avidan, ainsi que les anciens directeurs généraux du ministère des Finances Avraham Ben-Bassat et Yarom Ariav.

Leur avertissement intervient alors que le débat international sur les implantations et les violences en Cisjordanie se traduit de plus en plus par des mesures visant des personnes, des organisations ou des flux commerciaux précis. La question centrale posée par la lettre est de savoir si ces restrictions resteront ciblées ou si les entreprises étrangères appliqueront des précautions plus larges.

Ce qu’il faut surveiller

Trois indicateurs permettront d’évaluer la portée réelle du risque : le contenu final des textes européens et britanniques, les décisions de conformité des banques et assureurs étrangers, et l’évolution des prix ainsi que des flux commerciaux. À ce stade, aucun de ces éléments ne permet d’attribuer automatiquement les hausses de prix récentes aux sanctions. Globes souligne d’ailleurs que ce lien reste discuté.

Sources : N12, 18 octobre 2026 à 13 h (heure d’Israël) ; Globes, 18 octobre 2026 à 14 h 36 (heure d’Israël) ; The Times of Israel, 18 octobre 2026 à 17 h 16 (heure d’Israël).

Photo de couverture d’archives : supermarché en Israël, Rakoon / Wikimedia Commons, CC0. Les photographies d’archives illustrent le contexte économique et ne montrent pas les signataires de la lettre.