Israël : un agent de sécurité accusé de missions pour l’Iran via Telegram

Un Israélien de 25 ans, agent de sécurité dans un internat, a été inculpé vendredi 2 octobre 2026 devant le tribunal de district de Haïfa pour contact présumé avec un agent étranger. Selon l’acte d’accusation présenté par le parquet, Mohammad Fahmi Mohammad Khalaf, habitant de Baqa al-Gharbiya, aurait exécuté plusieurs missions pour un interlocuteur qu’il soupçonnait d’agir au profit de l’Iran.
Il s’agit d’accusations pénales en cours d’examen. Le prévenu n’a pas été condamné et les éléments exposés ci-dessous correspondent aux allégations du parquet, au communiqué conjoint du Shin Bet et de la police, ainsi qu’aux informations rapportées à partir du dossier judiciaire.
Une offre de coursier sur une messagerie
D’après l’accusation, le contact aurait commencé le 17 août dans un groupe de messagerie consacré aux emplois temporaires. Khalaf aurait répondu à une offre de travail comme coursier publiée par un utilisateur se présentant d’abord sous le nom de « Thomas », puis de « Martin ». La conversation aurait ensuite été déplacée vers un compte dédié.
Les enquêteurs affirment que l’interlocuteur lui a offert un abonnement premium à la messagerie et lui a envoyé l’équivalent de 50 dollars en bitcoin afin de gagner sa confiance. Les paiements suivants auraient transité par un portefeuille de cryptomonnaie.
Téléphone dissimulé, enveloppes et points de dépôt
Le dossier décrit une série de tâches très concrètes. Khalaf aurait notamment récupéré un téléphone Samsung caché sous des branches près d’un arbre à Kiryat Haïm, documenté l’endroit puis reçu 1 050 shekels pour cette mission.
Trois jours plus tard, il aurait retiré de l’argent de son portefeuille numérique, placé 300 shekels dans une enveloppe et dissimulé celle-ci dans un luminaire des toilettes d’une station-service près de l’hôpital Sha’ar Menashe. Il aurait également photographié d’autres lieux pouvant servir de caches, notamment dans des toilettes publiques.
Selon le parquet, il aurait ensuite imprimé une fausse invitation en anglais à une réunion secrète à Paris, caché le document sous une pierre dans un bosquet près du kibboutz Lahavot Haviva et transmis les coordonnées précises à son interlocuteur.
Des informations sur son lieu de travail
L’acte d’accusation affirme aussi que Khalaf a communiqué des renseignements concernant son emploi d’agent de sécurité : procédures internes, horaires de nuit et emplacement de caméras. Il aurait accepté de renouveler son passeport en vue d’une rencontre à l’étranger quelques jours avant son arrestation.
Le Shin Bet et la police israélienne disent avoir retrouvé sur son téléphone l’intégralité de la correspondance, des photographies et vidéos attestant l’exécution présumée des missions, ainsi que des données de localisation et des traces de paiements. Les autorités présentent cette affaire comme un nouvel exemple de tentatives iraniennes de recruter des citoyens israéliens en ligne.
L’IA apparaît dans le dossier, mais son rôle reste flou
Le parquet indique que Khalaf aurait utilisé des outils d’intelligence artificielle et consulté ChatGPT pendant certaines missions. Les informations publiées ne précisent toutefois ni les requêtes, ni les réponses obtenues, ni l’effet concret de cet usage. Il serait donc trompeur d’affirmer que l’IA a planifié ou rendu possible les actes allégués.
Cette distinction est importante : le cœur du dossier repose sur le contact présumé avec un opérateur hostile, les déplacements, les objets récupérés, les données transmises et les paiements — pas sur la seule utilisation d’un assistant d’IA.
La procédure se poursuit
Le parquet a demandé le maintien en détention du prévenu jusqu’à la fin de la procédure. Sa détention a été prolongée dans l’attente de l’examen du dossier. La justice devra encore apprécier les preuves, entendre la défense et déterminer la responsabilité pénale éventuelle.
Visuels éditoriaux illustratifs : les scènes du carrousel ne représentent ni le prévenu, ni les lieux exacts, ni les pièces réelles du dossier.