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En Israël, une dent d’éléphant vieille de 700 000 ans révèle un monde disparu

Une molaire d’éléphant vieille d’environ 700 000 ans, étudiée à Gesher Benot Ya’aqov, révèle un paysage de bois, marais et rivières partagé avec les premiers fabricants d’outils.
AM ISRAEL HAI 08 Oct 2026
En Israël, une dent d’éléphant vieille de 700 000 ans révèle un monde disparu

Une molaire d’éléphant vieille d’environ 700 000 ans, retrouvée à Gesher Benot Ya’aqov dans le nord d’Israël, a permis à une équipe de chercheurs de reconstituer un environnement disparu de bois, prairies, marais et cours d’eau. Présentée le 7 octobre 2026 par l’Université de Tel-Haï, l’étude est disponible en ligne dans Quaternary Science Reviews avant le numéro daté du 15 novembre 2026. Elle éclaire le paysage partagé par les grands éléphants du Pléistocène et les premiers humains fabricants d’outils.

Le fossile provient du site de North Bridge Acheulian–Gesher Benot Ya’aqov, dans la vallée du Jourdain, au sud de l’actuelle vallée de la Houla. La molaire inférieure et des fragments de défense appartenaient à Palaeoloxodon antiquus, l’éléphant à défenses droites, l’un des plus grands mammifères terrestres de son époque.

Une dent utilisée comme archive biologique

Les chercheurs n’ont pas seulement identifié l’espèce. Ils ont combiné un scanner micro-CT, une reconstruction en trois dimensions, l’analyse des traces d’usure microscopiques et celle des isotopes du carbone et de l’oxygène conservés dans l’émail. Ces méthodes indiquent que l’animal avait une alimentation mixte et fréquentait à la fois des zones boisées et des habitats riverains, probablement le long de la vallée du Jourdain.

Le pollen prélevé dans les sédiments situés sous la dent complète ce tableau. Il révèle des arbres méditerranéens, des espaces herbeux ouverts, des roseaux, des carex, des saules, des tamaris ainsi que des plantes aquatiques. L’ensemble dessine une mosaïque durable de forêts claires, de marais, de rivières et d’eaux peu profondes.

Des outils humains au même endroit

La molaire et les fragments de défense ont été découverts avec des bifaces et des hachereaux en basalte. Ces outils appartiennent à la tradition acheuléenne, l’une des premières grandes technologies de pierre de l’histoire humaine. Leur présence établit que des groupes humains occupaient ou fréquentaient ce même paysage riche en eau et en ressources.

L’étude ne démontre pas à elle seule que cet éléphant particulier a été chassé ou consommé par les humains. Elle montre en revanche que les restes de l’animal et les outils acheuléens proviennent d’un même contexte archéologique, offrant une fenêtre rare sur l’écologie des éléphants et sur les conditions de vie des populations humaines anciennes.

Un corridor entre l’Afrique et l’Eurasie

La vallée de la Houla se trouve sur le corridor levantin, axe majeur entre l’Afrique et l’Eurasie. Pour l’équipe, l’abondance durable d’eau, de végétation et de grands animaux a pu transformer cette région en refuge écologique et en point d’étape pour les groupes humains en déplacement.

La recherche a été dirigée par Hannah Farrell, doctorante à l’Université de Haïfa, à partir d’un site fouillé par le professeur Gonen Sharon de l’Université de Tel-Haï. Elle associe également Cheryl A. Makarewicz et Nimrod Marom de l’Université de Haïfa, ainsi que Minji Jin et Dafna Langgut de l’Université de Tel-Aviv.

Sources : communiqué de l’Université de Tel-Haï, 7 octobre 2026 ; Université de Haïfa, notice de l’étude ; Quaternary Science Reviews, DOI 10.1016/j.quascirev.2026.110277.

Les images proviennent du matériel de presse de l’Université de Tel-Haï et de Hannah Farrell, Université de Haïfa. La reconstruction 3D est identifiée comme telle ; les autres photographies montrent le fossile, les outils et le chantier archéologique.