Israël : au moins neuf candidats marqués par le 7-Octobre entrent en politique

À trois semaines des élections législatives israéliennes du 27 octobre 2026, au moins neuf candidats directement marqués par le massacre du 7-Octobre entrent dans la bataille politique. Parents endeuillés, frère d’otages ou ancien général parti secourir sa famille : leurs parcours traversent plusieurs partis, de la droite au centre, sans produire une ligne politique commune.
Ce décompte a été publié lundi 5 octobre par Reuters, le jour des cérémonies nationales organisées en Israël trois ans après l’attaque du Hamas. i24NEWS a également présenté plusieurs de ces candidatures et leurs motivations.
Transformer une tragédie personnelle en engagement public
Michal Hirsch Negri, 60 ans, se présente avec Together, la formation dirigée par l’ancien Premier ministre Naftali Bennett. Son fils Roee a été tué alors qu’il combattait les assaillants du Hamas au kibboutz Be’eri. D’après le récit livré par sa mère, il avait mobilisé des camarades de son unité de réserve afin de rejoindre le sud et de participer au sauvetage des habitants.
Sa candidature se veut tournée vers la reconstruction du pays. Elle explique vouloir prolonger l’attitude de son fils : analyser une crise, puis chercher concrètement ce qui peut être réparé.
Sur la même liste figure Noam Tibon, ancien général âgé de 64 ans. Le 7 octobre 2023, son fils Amir, sa belle-fille et leurs deux jeunes filles étaient bloqués dans leur maison à Nahal Oz. Noam Tibon et son épouse sont partis de Tel-Aviv vers le sud ; l’ancien officier a participé aux combats et à l’évacuation de blessés avant de rejoindre sa famille.
Des familles d’otages à la campagne électorale
Sharon Sharabi, 51 ans, est candidat sous les couleurs d’Israel Beiteinou. Ses frères Yossi et Eli avaient été enlevés à Be’eri. Yossi est mort en captivité. Eli, dont l’épouse et les deux filles ont été assassinées dans le kibboutz, a été libéré au début de 2025 après près de 500 jours aux mains du Hamas.
Après avoir mené campagne pour la libération des otages, Sharon Sharabi affirme avoir conclu qu’il ne pouvait plus rester à l’écart de la vie publique. Son engagement politique est présenté comme une volonté de changer la manière dont l’État est dirigé et de restaurer la confiance dans ses institutions.
Talik Gvili suit une voie politique différente. Son fils Ran, policier tué le 7-Octobre, fut le dernier otage israélien dont la dépouille a été ramenée de Gaza. Choisie par Benjamin Netanyahu pour figurer sur la liste du Likoud, elle présente sa candidature comme la continuation de la mission de son fils et apporte son soutien au Premier ministre.
La mémoire d’Aner Shapira
Shira Shapiro, 51 ans, se présente avec Yashar, le parti centriste dirigé par l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot. Son fils Aner Shapira, soldat hors service et musicien de 22 ans, se trouvait au festival Nova lorsque l’attaque a commencé.
Réfugié avec d’autres personnes dans un abri routier, Aner avait repoussé plusieurs grenades lancées par les terroristes avant d’être tué. Sa mère explique aujourd’hui vouloir donner un sens politique à cette douleur et poursuivre l’élan de protection des autres qui avait guidé son fils.
Une même blessure, des réponses politiques opposées
Ces candidatures ne forment pas un bloc. Certaines rejoignent des partis d’opposition qui attribuent au gouvernement une part de responsabilité dans les défaillances du 7-Octobre et réclament une enquête indépendante. D’autres soutiennent le Likoud et mettent en avant les décisions prises depuis la guerre ainsi que le retour des otages.
Leur point commun est ailleurs : chacun présente son entrée en politique comme la conséquence directe de ce qu’il a perdu, vécu ou tenté de sauver. À l’approche du scrutin du 27 octobre, le traumatisme du 7-Octobre ne constitue donc plus seulement un sujet de mémoire ou d’enquête. Il devient aussi une force de renouvellement du personnel politique israélien.
Sources : Reuters et i24NEWS, 5 octobre 2026.
Visuel éditorial illustratif : les personnes représentées ne sont pas les candidats cités dans l’article.