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Israël retrouve le niveau 1 américain contre la traite après cinq ans

Le rapport américain 2026 replace Israël au niveau 1 après cinq années au niveau 2. Les enquêtes ont plus que doublé, mais des failles persistent dans les condamnations et la protection des travailleurs.
AM ISRAEL HAI 09 Oct 2026
Israël retrouve le niveau 1 américain contre la traite après cinq ans

Israël a retrouvé le niveau 1, la meilleure catégorie du rapport annuel américain sur la traite des êtres humains, après cinq années consécutives au niveau 2. Le Trafficking in Persons Report 2026 du département d’État, rendu public jeudi 8 octobre 2026, estime que le gouvernement israélien satisfait désormais pleinement aux normes minimales américaines pour l’élimination de la traite.

Cette évaluation couvre les efforts menés du 1er avril 2025 au 31 mars 2026. Elle ne signifie ni que la traite a disparu d’Israël, ni que la réponse publique est suffisante dans tous les domaines. Le département d’État rappelle qu’un classement au niveau 1 mesure les efforts gouvernementaux et la conformité aux standards juridiques américains, pas la prévalence réelle du crime.

Des enquêtes plus nombreuses

Le rapport recense 42 enquêtes ouvertes en 2025, contre 20 en 2024 : 33 concernaient la traite à des fins sexuelles et neuf le travail forcé. Les procureurs ont poursuivi 19 trafiquants présumés, contre 13 l’année précédente.

Washington relève aussi une mise en accusation, en février 2026, dans une affaire de travail forcé présumé visant de nombreux travailleurs étrangers. Il s’agirait de la première procédure de ce type depuis plus de dix ans.

Protection des victimes : des progrès, mais un accès encore inégal

Israël a officiellement reconnu 90 victimes de traite en 2025, contre 115 en 2024. Le rapport crédite les autorités de nouvelles procédures formelles pour identifier les victimes palestiniennes, d’une hausse du financement des services de protection, de davantage d’inspecteurs du travail et d’unités spécialisées au sein de la police et du parquet.

Mais les organisations non gouvernementales citées par le département d’État décrivent encore un seuil de preuve trop élevé pour certaines demandes de reconnaissance. Elles signalent aussi que des victimes étrangères et palestiniennes restent sous-identifiées et que l’accès aux services demeure plus difficile en dehors de Tel-Aviv.

Des failles persistantes

Le nombre de condamnations a reculé : six trafiquants ont été condamnés pendant la période examinée, contre onze en 2024, et aucune condamnation n’a été prononcée pour travail forcé. Sur neuf peines imposées, cinq comprenaient au moins un an de prison.

Le rapport alerte également sur les frais illégaux de recrutement et l’endettement de travailleurs étrangers. Dans une étude commandée par le gouvernement, 73 % des ouvriers du bâtiment recrutés par des agences privées déclaraient avoir payé plus de 4 000 dollars de frais ; environ 20 % disaient que leur employeur avait retenu leur passeport ou d’autres documents.

Le ministère israélien de la Justice a salué le retour au niveau 1. Le ministre Yariv Levin a attribué cette décision à l’augmentation des enquêtes, au renforcement des services aux victimes et à la création de postes spécialisés. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar a également remercié le département d’État américain.

Sources

Image de couverture : visuel éditorial illustratif créé pour Am Israel Hai. Il ne représente ni une victime ni une opération réelle.