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Israël : le recensement réévalue les départs de la société haredi

De nouvelles données issues du recensement estiment que 15,3 % des hommes et 11,9 % des femmes ayant grandi dans la société haredi la quittent avant 30 ans.
AM ISRAEL HAI 13 Oct 2026
Israël : le recensement réévalue les départs de la société haredi

De nouvelles estimations fondées sur le dernier recensement israélien réévaluent à la hausse le nombre de jeunes adultes qui quittent la société haredi. Les données diffusées par la division Recherche et Stratégie de l’association Yotzim L’Shinui indiquent que 15,3 % des hommes et 11,9 % des femmes ayant grandi dans le monde ultra-orthodoxe s’en éloignent avant l’âge de 30 ans.

Ces chiffres ont été rendus publics le mardi 13 octobre 2026 et rapportés à 13 h 56, heure d’Israël — 6 h 56 à New York — par The Times of Israel. Ils sont supérieurs aux estimations publiées quelques mois plus tôt dans l’annuaire 2025 de Yotzim L’Shinui : 13,5 % pour les hommes et 9,6 % pour les femmes.

Pourquoi les estimations ont changé

La différence vient surtout de la base statistique utilisée. L’estimation antérieure reposait sur l’Enquête sociale annuelle du Bureau central israélien des statistiques, menée auprès de plusieurs milliers de personnes. La nouvelle mesure s’appuie sur les données plus détaillées du recensement national, réalisé une fois par décennie et portant sur un échantillon représentant plus de 15 % de la population.

Cette méthode ne transforme pas les pourcentages en décompte exhaustif de chaque parcours individuel. Elle fournit toutefois une base beaucoup plus large pour mesurer un phénomène difficile à saisir : les identités, les pratiques religieuses et l’appartenance communautaire ne changent pas toujours au même rythme.

Quitter le milieu ne signifie pas nécessairement quitter la foi

La nuance est essentielle. Selon Yotzim L’Shinui, environ 66 % des personnes ayant quitté leur cadre communautaire d’origine continuent de se définir quelque part sur le spectre haredi. Certaines conservent des pratiques religieuses, des liens familiaux et une forte proximité culturelle, même lorsqu’elles choisissent d’autres études, un emploi différent ou un mode de vie plus autonome.

Les défis sont souvent très concrets : rattrapage scolaire, formation professionnelle, logement, entrée sur le marché du travail, service militaire ou national, et absence possible de soutien familial. L’association souligne aussi que ces jeunes peuvent se retrouver entre plusieurs dispositifs publics, sans être reconnus comme une population ayant des besoins propres.

Un appel à une politique nationale

Yotzim L’Shinui et plusieurs organisations partenaires demandent au gouvernement israélien un programme coordonné pour l’éducation, l’emploi, le service militaire ou national et l’accompagnement social. Leur objectif déclaré n’est pas d’encourager les départs, mais de permettre à celles et ceux qui ont déjà fait ce choix de construire leur avenir sans perdre des années faute de soutien adapté.

L’organisation prévoit d’interpeller les partis en lice pour les prochaines élections à la Knesset. Elle cite aussi une enquête menée en août auprès de 500 répondants juifs non haredi, selon laquelle 73 % soutiendraient la création d’un programme national.

Ce que ces données changent

Le débat israélien sur la société haredi est souvent réduit à la conscription, à l’emploi ou aux études générales. Ces nouvelles estimations élargissent la perspective : elles montrent aussi l’existence d’un groupe croissant de jeunes adultes qui traversent plusieurs mondes et peuvent contribuer à la société israélienne à condition que les passerelles existent.

Sources : annuaire de recherche 2025 de Yotzim L’Shinui ; The Times of Israel, 13 octobre 2026.

Visuel éditorial illustratif généré pour Am Israel Hai ; il ne représente ni une personne réelle ni une scène documentée.