Santé mentale : un Israélien sur cinq reste fortement entravé au quotidien

Environ un Israélien sur cinq déclare encore une atteinte sévère de son fonctionnement quotidien liée à sa santé mentale. C’est le principal constat d’une nouvelle synthèse du Baromètre national de la santé mentale, publiée dimanche 11 octobre 2026. L’enquête suit les effets psychologiques durables du 7-Octobre et des conflits qui ont suivi.
Un noyau de détresse qui ne se résorbe pas
Les résultats, fondés sur un échantillon national représentatif et actualisés jusqu’en mai 2026, indiquent que la majorité de la population montre des signes de récupération. Mais environ 20 % des répondants continuent de signaler une forte gêne dans leur vie quotidienne. Le projet est soutenu par l’Institut de recherche des services de santé Clalit, l’American Jewish Joint Distribution Committee et l’Institut Myers-JDC-Brookdale.
La page méthodologique publiée par l’Institut Brookdale décrit une enquête en ligne auto-administrée, pondérée pour représenter la population adulte israélienne. Elle utilise notamment des outils validés pour les symptômes de stress post-traumatique, de dépression, d’anxiété et l’altération du fonctionnement quotidien. Les vagues précédentes avaient déjà mesuré 19 % d’atteinte sévère en octobre 2024 et 21 % en juillet 2025.
32 % chez les femmes de 18 à 35 ans
Les jeunes femmes constituent le groupe le plus touché dans la nouvelle synthèse : 32 % des femmes âgées de 18 à 35 ans déclarent une atteinte importante de leur fonctionnement. À l’échelle de l’ensemble des répondants, environ 15 % se situent au niveau le plus élevé d’exposition personnelle au traumatisme, parce qu’ils étaient présents le 7-Octobre ou connaissaient de près une personne blessée ou tuée pendant les combats.
L’étude examine cinq domaines : la vie à la maison, le travail ou les études, les loisirs individuels et sociaux, ainsi que les relations proches. La moitié des répondants disent que leurs loisirs ont été affectés et 35 % font état de difficultés à nouer ou maintenir des relations proches.
Des besoins de soins encore non couverts
Environ un tiers des personnes interrogées estiment avoir eu besoin d’une aide psychologique depuis le début de la guerre. Parmi elles, près de la moitié n’ont pas demandé de prise en charge. Les auteurs relèvent parallèlement qu’un soutien familial ou communautaire plus fort est associé à davantage de résilience et à moins de détresse déclarée.
Les chercheurs observent également une association entre l’exposition répétée à des images ou vidéos difficiles et les symptômes de stress post-traumatique, d’anxiété et de dépression. Ils précisent toutefois que leur enquête ne permet pas d’établir un lien de causalité.
Ce que les chiffres ne disent pas
Ces résultats reposent sur des réponses déclaratives et ne signifient pas qu’un cinquième de la population a reçu un diagnostic psychiatrique. Ils mesurent une altération fonctionnelle importante rapportée par les participants. La série fournit néanmoins un signal robuste : la récupération globale coexiste avec un groupe durablement affecté, qui nécessite un repérage et un accès aux soins adaptés.
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