Italie : la loi contre l’antisémitisme divise la gauche avant le vote final

La Chambre des députés italienne doit se prononcer le 2 octobre sur un projet de loi contre l’antisémitisme qui a profondément divisé l’opposition. Le Parti démocrate (PD), principale formation de centre gauche, a boycotté le vote en commission, estimant que le texte risquait de restreindre certaines formes d’expression politique.
Le projet de loi reprend la définition de travail de l’antisémitisme élaborée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA). Le Sénat italien l’a déjà adopté ; le vote de la Chambre constitue donc l’étape décisive avant son éventuelle promulgation.
Une définition au cœur du désaccord
La définition de l’IHRA décrit l’antisémitisme comme une certaine perception des Juifs pouvant se manifester par de la haine à leur égard. Elle est accompagnée d’exemples, dont certains concernent Israël. Ses défenseurs la considèrent comme un outil pratique pour identifier des formes contemporaines d’antisémitisme. Ses critiques craignent qu’une application trop large puisse assimiler certaines critiques de la politique israélienne à de l’antisémitisme.
Le PD s’est abstenu de participer au vote en commission. Le Mouvement 5 étoiles et l’Alliance des Verts et de la Gauche ont également exprimé leur opposition. La coalition gouvernementale de Giorgia Meloni, qui dispose d’une majorité parlementaire, défend le texte comme une réponse nécessaire à la hausse des incidents visant les Juifs.
Le soutien de l’Union des communautés juives italiennes
L’Union des communautés juives italiennes (UCEI) soutient la proposition. Ses responsables estiment que l’Italie a besoin d’un cadre plus clair pour reconnaître l’antisémitisme et agir contre sa banalisation, notamment dans les institutions, les écoles et l’espace public.
Selon les données citées par Reuters, 963 incidents antisémites ont été recensés en Italie en 2025, soit plus du double du niveau enregistré en 2022. Ces chiffres nourrissent l’argument des promoteurs de la loi, qui considèrent que les instruments actuels ne suffisent plus.
Un vote à portée européenne
Le débat italien reflète une controverse plus large en Europe : comment combattre efficacement l’antisémitisme tout en protégeant la liberté d’expression et le débat politique ? Le texte final devra être lu à la lumière de ses garanties d’application et de l’interprétation qu’en feront les autorités et les tribunaux.
À ce stade, il serait inexact de parler d’une loi définitivement adoptée. La Chambre doit encore voter, et l’issue formelle du processus ne pourra être confirmée qu’après cette étape.
Sources : Reuters ; Wanted in Rome — présentation du texte et du débat.
Photo : Francesco Ammendola / Quirinale.it, via Wikimedia Commons. Mise en page éditoriale : Am Israel Hai.