Jérusalem : Londres maintient une « UK Mission » dans le bâtiment du consulat

Mise à jour du 8 octobre à 6 h 40 UTC — Le Royaume-Uni annonce que le bâtiment du consulat général à Jérusalem-Est ne fermera pas : il porte désormais le nom de « UK Mission, Jerusalem » et restera une mission britannique indépendante et opérationnelle au service des Palestiniens. Cette annonce du ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, intervient quelques heures après le retrait des plaques du consulat à l’échéance fixée par Israël.
Une mission maintenue sous un nouveau nom
Dans une déclaration officielle publiée le 8 octobre, Ed Miliband affirme qu’à l’issue de discussions avec le gouvernement israélien, le bâtiment restera ouvert sous l’appellation « UK Mission, Jerusalem ». Londres précise que la mission demeure indépendante, opérationnelle et chargée de poursuivre les services et le travail britanniques auprès des Palestiniens.
Le Royaume-Uni indique avoir temporairement retiré une partie de ses personnels et de leurs familles pour des raisons de sécurité, mais entend renforcer de nouveau sa présence dans les prochains mois. Londres ajoute qu’elle ne prendra pas de mesure de réciprocité tant que les discussions avec Israël resteront crédibles. Le ministre britannique chargé du Moyen-Orient, Stephen Doughty, a parallèlement déclaré à Sky News que le personnel continuait son travail sur place.
Reuters a rapporté l’annonce à 6 h 40 UTC. Les termes exacts de l’entente avec Israël, notamment le statut juridique durable de la mission et les protections accordées à son personnel, n’étaient pas détaillés au moment de cette mise à jour.
Des plaques retirées quelques heures auparavant
Dans la nuit du 7 au 8 octobre, des journalistes de Reuters présents sur place avaient vu des ouvriers retirer une plaque portant la mention « British Consulate General » ainsi qu’une autre signalant la section consulaire. Le drapeau britannique flottait encore sur le bâtiment. Ce retrait constituait le premier signe matériel public de l’application de l’ordre israélien, mais ne signifiait donc pas l’arrêt de toute activité britannique sur place.
Le 8 septembre, Israël avait donné trente jours au Royaume-Uni pour fermer cette représentation et retirer ses diplomates de Jérusalem. Cette décision répondait à l’annonce par Londres de sanctions visant les implantations israéliennes en Cisjordanie, dont une interdiction future d’importer des biens qui y sont produits. Le gouvernement britannique présente ces mesures comme une défense de la solution à deux États. Israël rejette cette lecture et conteste l’appréciation juridique internationale portée sur les implantations.
Une représentation tournée vers les Palestiniens
Situé dans le quartier de Sheikh Jarrah, le consulat gérait les relations du Royaume-Uni avec les Palestiniens de Jérusalem, de Cisjordanie et de Gaza, ainsi que des services consulaires. La nouvelle mission doit poursuivre ce travail. L’ambassade britannique à Tel-Aviv demeure distincte et chargée des relations diplomatiques avec le gouvernement israélien.
Le conseiller britannique à la sécurité nationale, Jonathan Powell, s’était rendu en Israël la semaine précédente pour tenter de préserver la présence britannique. Selon Reuters, ses entretiens n’avaient pas alors débouché sur un accord. L’annonce du 8 octobre établit finalement une continuité opérationnelle sous une nouvelle appellation, tout en laissant ouvertes des questions diplomatiques et juridiques entre Londres et Jérusalem.
Visuels d’archives : StateofIsrael / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 ; Sharon Gabay / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 ; Flavio~ / Wikimedia Commons, CC BY 2.0 ; Daryag / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Images recadrées et adaptées. Le consulat de Sheikh Jarrah n’apparaît pas sur les cartes.