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Liban : le Hezbollah reconnaît les 780 kg d’explosifs saisis

Le Hezbollah reconnaît que les 780 kg d’explosifs saisis le 5 octobre au Liban lui appartenaient. Il affirme qu’ils étaient destinés à frapper les forces israéliennes ; l’enquête libanaise se poursuit.
AM ISRAEL HAI 15 Oct 2026
Liban : le Hezbollah reconnaît les 780 kg d’explosifs saisis

Le Hezbollah a reconnu jeudi 15 octobre 2026 que le camion chargé de 780 kilogrammes d’explosifs, intercepté dix jours plus tôt par les autorités libanaises, lui appartenait. Le député Hassan Fadlallah, membre du bloc parlementaire du mouvement, a fait cette déclaration devant la presse au Parlement de Beyrouth. Il a affirmé que le chargement était destiné à combattre les forces israéliennes dans le sud du Liban.

Cette reconnaissance publique constitue l’élément nouveau du dossier. La saisie, opérée le 5 octobre au checkpoint de Dahr al-Baidar sur l’axe reliant Beyrouth à la vallée de la Bekaa, avait déjà été annoncée. Jusqu’ici, le mouvement chiite n’avait pas revendiqué le véhicule ni sa cargaison.

780 kg, dont 250 kg de TNT et 250 kg de C-4

Selon des responsables judiciaires cités par Associated Press, le camion transportait 780 kg d’explosifs : 250 kg de TNT, 250 kg de C-4 et d’autres matériaux explosifs. Deux hommes présents dans le véhicule ont été arrêtés. Les services libanais disent rechercher d’autres personnes liées au transport.

Hassan Fadlallah a soutenu que le Hezbollah avait contacté les services de sécurité immédiatement après l’interception afin de revendiquer le véhicule et de demander la restitution de la cargaison ainsi que la libération des deux détenus.

La destination israélienne reste une affirmation du Hezbollah

Le député a déclaré que les explosifs étaient « exclusivement » destinés à être utilisés contre les forces israéliennes dans le sud du Liban. Reuters rapporte en outre qu’un responsable du Hezbollah et une source sécuritaire libanaise ont indiqué que le matériel devait servir à des drones explosifs visant des soldats israéliens.

Cette finalité n’a toutefois pas été établie publiquement par l’enquête judiciaire. Elle doit donc être attribuée au Hezbollah et aux sources citées, non présentée comme un fait indépendant. Des responsables et commentateurs libanais avaient auparavant redouté que le C-4 puisse servir à des assassinats politiques sur le territoire libanais. Le mouvement rejette cette hypothèse, qui n’est pas démontrée à ce stade.

Un test direct pour le monopole des armes de l’État

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam avait qualifié l’affaire d’« opération criminelle » et promis une enquête approfondie. Dans son compte rendu du 12 octobre, Associated Press indiquait que les deux suspects avaient été remis à la justice et que les autorités entendaient identifier tous les responsables de la chaîne logistique.

L’aveu du 15 octobre transforme donc une saisie encore entourée d’incertitudes en confrontation politique ouverte. Le Hezbollah affirme que ses moyens militaires relèvent de la « résistance » contre Israël. Le gouvernement libanais, lui, a déclaré en mars les activités militaires du groupe illégales et dit vouloir replacer la détention et le transport des armes sous le contrôle exclusif de l’État.

Fadlallah a contesté cette décision et réclamé la restitution des explosifs. L’enquête devra maintenant déterminer l’origine précise du chargement, sa destination opérationnelle, les responsables de son transport et d’éventuelles autres ramifications.

Visuel de couverture : checkpoint de l’armée libanaise à Tripoli, photographie d’archive (2011), sans lien direct avec la saisie de Dahr al-Baidar. Crédit : FunkMonk / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.

Sources