Néguev : le Shin Bet annonce 72 interpellations liées à la sécurité en 2026

Le Shin Bet a publié jeudi 8 octobre 2026 un bilan inédit de ses enquêtes de sécurité dans le Néguev et le sud d’Israël. Selon l’agence, 72 habitants de la région ont été interpellés pour interrogatoire depuis le début de l’année dans des dossiers portant notamment sur la préparation d’actions terroristes ou le trafic d’armes aux frontières. Soixante-sept sont des citoyens israéliens et environ 50 ont été mis en accusation.
Le communiqué, relayé dans l’après-midi et la soirée du 8 octobre par plusieurs médias israéliens, ne signifie pas que les 72 personnes ont toutes été condamnées pour terrorisme. Il agrège des enquêtes de nature différente et distingue les arrestations, les soupçons et les procédures judiciaires engagées. Les chiffres annoncés proviennent du Shin Bet.
Une cellule présumée à Segev Shalom
Parmi les dossiers mis en avant, l’agence cite cinq habitants de Segev Shalom, une localité bédouine proche de Beersheba. Ils avaient été arrêtés en mai et juin 2026 puis inculpés devant le tribunal de district de Beersheba.
Selon le Shin Bet, le groupe cherchait à mettre sur pied une cellule armée calquée sur des « bataillons » palestiniens actifs en Judée-Samarie. L’un des suspects aurait accepté de viser le commissariat de Segev Shalom ainsi que la gare routière centrale de Beersheba. Un autre aurait été chargé d’apprendre à fabriquer des explosifs. Les faits restent des allégations tant qu’ils n’ont pas été établis par une décision de justice définitive.
Le Shin Bet évoque également le cas d’un jeune suspect présenté comme sympathisant de l’organisation État islamique, ainsi qu’un autre projet attribué à Abdullah Jargjawi, un citoyen israélien de Segev Shalom arrêté en juillet. Celui-ci aurait envisagé une attaque à la voiture piégée contre le club Forum de Beersheba, entretenu des contacts avec des membres de l’État islamique et exprimé son intention de rejoindre des zones de combat à l’étranger. Il a lui aussi été inculpé.
Ce qui est réellement nouveau
Les deux affaires détaillées par l’agence avaient déjà été rendues publiques séparément au cours de l’été. L’élément nouveau du 8 octobre est leur intégration dans un bilan annuel plus large : 72 interpellations dans le sud depuis janvier, dont 67 citoyens israéliens, et environ 50 mises en accusation.
Un responsable du Shin Bet cité dans le communiqué estime que ces dossiers illustrent un risque lié à la formation de cellules composées de citoyens israéliens, parfois structurées sur un mode semi-militaire, cherchant à commettre des attaques sur le territoire national. L’agence affirme que les projets cités ont été déjoués grâce à une action conjointe avec la police israélienne.
Une contestation locale et une nécessaire précision
Le Conseil régional des villages non reconnus du Néguev a contesté la présentation du Shin Bet et affirmé que le bilan risquait d’alimenter une stigmatisation de l’ensemble de la population bédouine. Cette réaction ne remet pas à elle seule en cause les procédures judiciaires en cours, mais elle souligne l’importance de ne pas généraliser à partir de suspects ou de cellules alléguées.
La très grande majorité des citoyens bédouins ne sont pas concernés par ces dossiers. Les autorités israéliennes soulignent par ailleurs régulièrement la coopération de policiers, soldats et volontaires bédouins dans la protection du sud. Le bilan du 8 octobre doit donc être lu comme une alerte sécuritaire ciblée et attribuée au Shin Bet, non comme une accusation collective.
Sources
- Times of Israel, 8 octobre 2026, 21 h 19 heure d’Israël
- Times of Israel, point d’actualité du 8 octobre 2026 à 20 h 02
- Jerusalem Post, 8 octobre 2026, mis à jour à 23 h 19
- Israel National News, 8 octobre 2026, 17 h 10
Visuel principal : images diffusées par le porte-parole de la police israélienne. Autres visuels du carrousel : Ynhockey / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0), porte-parole de la police israélienne via BR7 News, Alexey Goral / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).