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Israël : Ofer Winter fait de la conscription des ultra-orthodoxes une condition de coalition

À vingt-trois jours du scrutin du 27 octobre, Ofer Winter réaffirme son veto sur la conscription des ultra-orthodoxes et en détaille le mécanisme, tout en n’excluant pas de gouverner avec leurs partis.
AM ISRAEL HAI 04 Oct 2026
Israël : Ofer Winter fait de la conscription des ultra-orthodoxes une condition de coalition

À vingt-trois jours des élections israéliennes, Ofer Winter a réaffirmé et détaillé son veto sur la conscription des ultra-orthodoxes. Le chef du parti de droite Amcha Yisrael a déclaré, dans un entretien diffusé par Channel 12 samedi 3 octobre 2026 au soir, qu’il ne rejoindrait pas une coalition tant que la question du service ne serait pas encadrée par une nouvelle loi.

Un veto de coalition réaffirmé à la télévision

Dans l’entretien publié à 23 h 08, heure d’Israël, puis mis à jour dimanche à 0 h 25, le général de brigade de réserve a affirmé vouloir inscrire dans la loi un principe simple : ceux qui servent l’État doivent recevoir davantage d’avantages, avec une reconnaissance accrue pour le service combattant, tandis que ceux qui refusent les obligations de service ne devraient pas bénéficier des mêmes compléments.

Winter a également plaidé pour un contrôle effectif du statut des yeshivot et pour la création d’unités adaptées permettant aux ultra-orthodoxes de servir sans renoncer à leur pratique religieuse. Il a assuré que les personnes non régularisées resteraient soumises à des restrictions et à des sanctions.

Sa formule politique est néanmoins complexe : il dit ne pas exclure de siéger avec les partis haredi, qui s’opposent à une conscription généralisée, tout en affirmant qu’il n’entrera pas au gouvernement avant que le sujet ne soit réglé. Il espère qu’une future coalition de droite sera assez large pour ne pas dépendre du seul vote des formations ultra-orthodoxes et lui permettre d’imposer cette réforme.

Une fracture centrale de la campagne

La conscription des hommes ultra-orthodoxes demeure l’un des dossiers les plus sensibles de la politique israélienne. Le débat touche à la fois l’égalité devant les obligations nationales, la place de l’étude religieuse et les besoins en effectifs de Tsahal après trois années de guerre et de mobilisation prolongée.

Le Times of Israel, qui a repris l’entretien dimanche 4 octobre à 6 h 57, souligne le paradoxe de la position de Winter : une volonté affichée de participer à un gouvernement de droite avec les partis haredi, mais avec un veto sur une question qu’ils considèrent comme existentielle.

Winter a aussi déclaré vouloir devenir ministre de la Défense et a sévèrement critiqué les choix du Premier ministre Benjamin Netanyahu avant et pendant la guerre de Gaza. Il continue toutefois de dire qu’il soutiendrait Netanyahu pour diriger un gouvernement de droite après le scrutin du 27 octobre.

Ce que l’entretien précise

Winter ne formule pas ce veto pour la première fois : selon le Times of Israel, il avait déjà pris le même engagement lors d’un discours deux mois plus tôt. L’actualité de l’entretien du 3 octobre tient donc à sa réaffirmation télévisée et surtout au mécanisme qu’il décrit plus précisément — avantages pour ceux qui servent, sanctions, contrôle des yeshivot et unités adaptées à la pratique religieuse.

À ce stade, il s’agit d’un engagement de campagne et non d’un texte de loi négocié. Sa faisabilité dépendra du résultat électoral, du poids réel d’Amcha Yisrael à la Knesset et de la composition de la prochaine coalition.

Sources

Crédits visuels : portrait d’Ofer Winter par Nadav Margalit, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, recadré et mis en page ; entraînement de soldats haredi, porte-parole de Tsahal, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0, recadré et mis en page ; photographie de la Knesset, collection Dan Hadani / Bibliothèque nationale d’Israël / Pritzker Family National Photography Collection, CC BY 4.0, recadrée et mise en page.