Otages : Nitzan Alon affirme qu’Israël aurait pu conclure un accord un an plus tôt
L’ancien responsable militaire du dossier des otages estime qu’Israël aurait pu ramener les captifs environ un an plus tôt sans perdre l’essentiel de ses objectifs stratégiques. Une analyse attribuée qui relance le débat avant les élections.

L’ancien responsable militaire israélien chargé du dossier des otages estime qu’Israël aurait pu mettre fin à la phase intense de la guerre et ramener les captifs environ un an plus tôt, sans renoncer à l’essentiel de ses objectifs stratégiques. Le général de réserve Nitzan Alon a formulé cette appréciation vendredi 2 octobre 2026, lors d’un forum public du Washington Institute consacré aux conséquences du massacre du 7-Octobre.
Ses propos sont particulièrement sensibles : ils portent sur des décisions politiques et militaires prises pendant une guerre déclenchée par l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre 2023, au cours de laquelle environ 1 200 personnes ont été tuées en Israël et 251 ont été enlevées vers Gaza.
« Nous avons manqué cette occasion »
Interrogé sur la durée de la guerre et sur les négociations, Nitzan Alon a déclaré qu’Israël aurait pu atteindre « presque les mêmes résultats stratégiques » beaucoup plus tôt, notamment en ce qui concerne l’affaiblissement des capacités militaires du Hamas.
« Je pense que nous aurions pu arriver à ce point beaucoup plus tôt, peut-être environ un an auparavant, sans conséquence majeure sur les autres objectifs stratégiques de la guerre », a-t-il déclaré pendant le débat. Il a ajouté qu’un accord plus rapide aurait peut-être permis de ramener vivants certains otages morts ou assassinés pendant leur captivité.
Alon a résumé son analyse en ces termes : la guerre a duré trop longtemps et Israël « aurait pu et aurait dû » la raccourcir, ramener les otages et avancer vers l’étape suivante.
Une appréciation personnelle, pas une conclusion établie
Cette déclaration doit être présentée avec précision. Nitzan Alon expose une analyse rétrospective et contrefactuelle : il affirme ce qui aurait, selon lui, été possible. Ses propos ne constituent ni une conclusion judiciaire, ni les résultats d’une commission d’enquête, ni la preuve qu’un accord précis accepté par toutes les parties existait à une date déterminée.
Les négociations ont dépendu simultanément des décisions israéliennes, des conditions posées par le Hamas, de la situation militaire et des médiateurs internationaux. Les autorités israéliennes ont régulièrement soutenu que la pression militaire était nécessaire pour affaiblir le Hamas et améliorer les conditions d’un accord.
Au moment de la publication de cet article, aucune réponse publique détaillée du gouvernement israélien aux déclarations prononcées lors de ce forum n’avait été identifiée.
Ce qu’Alon dit — et ce qu’il ne dit pas
Questionné sur les motivations du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Nitzan Alon a pris soin de ne pas affirmer qu’il pouvait connaître ses intentions personnelles. Il a expliqué ne pas être « psychologue » et a évoqué un mélange possible de considérations stratégiques, idéologiques, politiques et personnelles chez les dirigeants.
Il a toutefois critiqué la recherche d’une « victoire totale » lorsqu’elle devient, selon lui, un slogan plutôt qu’un plan réaliste. Il a appelé à une direction politique capable de regarder les contraintes sécuritaires et économiques telles qu’elles sont.
Un débat qui revient au cœur de la campagne
Nitzan Alon a dirigé la structure militaire chargée des otages et des personnes disparues après le 7-Octobre. Son témoignage possède donc un poids particulier, même s’il reste une appréciation personnelle et contestable.
À moins d’un mois des élections israéliennes du 27 octobre 2026, ses propos replacent au centre de la campagne une question douloureuse : les objectifs militaires, la libération des otages et la durée de la guerre auraient-ils pu être conciliés autrement ?
Cette interrogation concerne directement les familles des otages, les soldats mobilisés pendant le conflit et l’ensemble de la société israélienne. Elle devra être examinée à partir de documents, de témoignages contradictoires et d’une enquête complète, et non au moyen de slogans partisans.
Sources
- Washington Institute — forum vidéo du 2 octobre 2026
- N12 — compte rendu des déclarations de Nitzan Alon
- Walla — propos et contexte du débat
- Ynetnews — réactions et dimension politique
Photo de couverture : Gadi Yampel / unité du porte-parole de Tsahal, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons. Composition graphique : Am Israel Hai.