Procès-verbal du 7-Octobre : la police affirme avoir établi une base probante contre Tzachi Braverman

Une nouvelle séquence s’est ouverte vendredi 9 octobre 2026 dans l’enquête sur la modification présumée d’un relevé d’appel du matin du 7-Octobre. Selon un haut responsable de la police cité par N12, les enquêteurs ont transmis au parquet un dossier comportant, d’après eux, une « base probante » contre Tzachi Braverman, chef de cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Deux horaires au centre du dossier
Le litige porte sur deux conversations entre Netanyahu et son secrétaire militaire de l’époque, le général de réserve Avi Gil, au matin de l’attaque du 7 octobre 2023. La première aurait eu lieu à 6 h 29 sur une ligne ordinaire. La seconde, à 6 h 40, aurait été passée sur une ligne sécurisée et consignée.
Avi Gil a déclaré qu’en janvier 2024, une sténographe du bureau du Premier ministre lui avait rapporté avoir reçu de Braverman l’instruction de remplacer, dans le relevé, l’heure de 6 h 40 par 6 h 29. Selon le récit de Gil, la modification aurait pu brouiller la chronologie exacte des informations reçues et des instructions données ce matin-là.
Ce que Braverman a reconnu — et ce qu’il conteste
D’après N12, Braverman a reconnu au cours de son interrogatoire avoir modifié l’heure inscrite. Il aurait toutefois expliqué avoir voulu corriger ce qu’il considérait comme une erreur, faute d’avoir su qu’il existait deux appels distincts. Il nie toute intention de falsifier l’histoire des premières heures de l’attaque.
Le Likoud a qualifié les accusations de mensongères et soutenu que la police avait recommandé de classer l’affaire. Un responsable policier cité vendredi soir par plusieurs médias israéliens a contesté cette version, affirmant au contraire qu’un socle d’éléments avait été transmis au parquet.
Aucune inculpation à ce stade
L’enquête de l’unité Lahav 433 est terminée depuis plus d’un an, mais aucune décision d’inculpation n’a été rendue. Le dossier se trouve désormais entre les mains du parquet. Des sources judiciaires citées par le Times of Israel estiment qu’une accusation pourrait être difficile à soutenir si l’intention frauduleuse ne peut pas être démontrée.
Il faut donc distinguer trois niveaux : le changement matériel de l’heure, que Braverman aurait reconnu ; le soupçon d’une falsification volontaire, qu’il conteste ; et la décision juridique finale, qui n’a pas encore été prise.
Pourquoi cette chronologie compte
Onze minutes peuvent paraître marginales. Dans le contexte du 7-Octobre, elles touchent pourtant au cœur du débat sur le moment où les alertes ont atteint le sommet de l’État et sur la manière dont les décisions ont été documentées. Cette nouvelle révélation ne tranche ni les responsabilités politiques ni la culpabilité pénale, mais elle renforce la nécessité d’établir une chronologie officielle, vérifiable et complète.
Sources consultées : N12, 9 octobre 2026 à 21 h 42 (heure d’Israël) ; Walla, 9 octobre 2026 à 23 h 29 ; Ynet, témoignage d’Avi Gil ; Times of Israel, 10 octobre 2026 à 5 h 17.
Visuel éditorial illustratif.