Un rapport de l’INSS alerte sur l’impact du conflit sur la diaspora juive

Un rapport publié le 18 octobre 2026 par l’Institut israélien d’études sur la sécurité nationale (INSS), rattaché à l’Université de Tel-Aviv, appelle Israël à mieux prendre en compte les conséquences de ses politiques sur les communautés juives de diaspora.
Le document, intitulé No Longer on the Sidelines: How the Israeli-Palestinian Conflict Impacts Diaspora Jews, s’appuie sur les échanges d’un groupe de travail réuni pendant un an. Il comprenait 20 responsables issus de 15 organisations communautaires ou de plaidoyer aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en France et en Amérique du Sud.
Quatre effets décrits par les participants
Selon le compte rendu publié le 18 octobre à 5 h, heure de New York, par la Jewish Telegraphic Agency, les auteurs Theodore Sasson et Avishay Ben Sasson-Gordis regroupent les perceptions recueillies autour de quatre effets : la banalisation de l’hostilité envers Israël, la division interne des communautés juives, l’affaiblissement de l’influence politique des organisations pro-israéliennes et un environnement plus favorable à la diffusion de l’antisémitisme.
Le rapport prend soin de préciser que les Juifs et les Israéliens ne sont pas responsables de l’antisémitisme. Son argument est plus circonscrit : certaines décisions, certains propos publics et l’absence d’un horizon diplomatique crédible peuvent compliquer le travail des communautés qui défendent Israël et offrir un prétexte supplémentaire à des acteurs déjà hostiles.
Un travail qualitatif, pas un sondage
Cette nuance méthodologique est essentielle. Les 20 participants ne constituent pas un échantillon représentatif de l’ensemble des Juifs de diaspora. Les échanges ont été conduits selon la règle de Chatham House : les responsables peuvent être cités sans être identifiés. Le document restitue donc le diagnostic de dirigeants communautaires expérimentés, et non une mesure statistique de l’opinion juive mondiale.
La JTA relève toutefois qu’un sondage distinct du Mellman Group, mené en août et au début de septembre 2026, a trouvé que 56 % des électeurs juifs américains interrogés se disaient « très préoccupés » par l’idée que les actions d’Israël sous Benjamin Netanyahu aient accru l’antisémitisme et l’hostilité envers Israël aux États-Unis. Ce chiffre ne doit pas être confondu avec le groupe de travail de l’INSS.
Les recommandations adressées à Israël
Les auteurs recommandent notamment de freiner les déclarations incendiaires de responsables publics, de renforcer la lutte contre les violences illégales commises par des extrémistes israéliens en Cisjordanie, de maintenir un horizon diplomatique compatible avec un État juif et démocratique et d’intégrer systématiquement l’impact sur la diaspora dans l’évaluation des politiques publiques.
Le rapport intervient à neuf jours des élections israéliennes du 27 octobre 2026. Il place la relation entre Israël et les communautés juives de diaspora parmi les enjeux de sécurité nationale : protéger Israël demeure central, soutiennent les auteurs, mais la solidité du lien avec le monde juif doit elle aussi entrer dans le calcul stratégique.
Sources
- Jewish Telegraphic Agency — compte rendu et entretiens avec les auteurs, 18 octobre 2026, 5 h (heure de New York)
- INSS — publications officielles d’Avishay Ben Sasson-Gordis
- INSS — travaux connexes sur l’antisémitisme et l’antisionisme, 27 avril 2026
Visuel éditorial illustratif généré par IA — Am Israel Hai.