Roissy : des agents refusent de charger un fret présenté comme destiné à Elbit sur un vol El Al

Une nouvelle contestation touche le fret aérien à destination d’Israël. Vendredi 9 octobre 2026, Ynet et le Jerusalem Post ont rapporté que des employés d’une société de manutention de Paris-Charles-de-Gaulle refusaient de charger une cargaison sur un vol El Al prévu samedi 10 octobre au soir entre Paris et Israël.
Selon ces médias, qui citent notamment N12, la cargaison serait destinée à Elbit Systems Land. Des responsables israéliens chargés de la sécurité seraient intervenus afin de trouver une solution avant le départ. Le Jerusalem Post a publié son information vendredi à 22 h, heure d’Israël — 15 h à New York — après le dernier post Instagram d’Am Israel Hai.
Ce que les syndicats affirment
Des sections de la CGT, de SUD Aérien et d’autres organisations ont affirmé qu’il s’agissait de composants mécaniques fabriqués en France et destinés à des systèmes installés sur des véhicules militaires. D’après leur version, le fret devait initialement emprunter le vol Air France AF966 du jeudi 8 octobre à 9 h 35 au départ de Roissy, avant d’être réacheminé vers le vol El Al LY220 prévu samedi 10 octobre.
Le média The New Arab, qui a recueilli ces affirmations, précise ne pas avoir vérifié indépendamment les documents de réservation ni le contenu de la cargaison. Cette réserve est essentielle : la destination finale, la nature exacte des pièces et leur usage ne sont pas établis par une source indépendante au moment de la publication.
Air France conteste la première réservation
Air France a démenti jeudi qu’une réservation correspondant au fret décrit par les syndicats ait existé sur ses vols. La compagnie a déclaré à franceinfo, selon un compte rendu d’Anadolu, ne pas transporter d’armes ou de munitions vers Israël et respecter la réglementation internationale applicable au fret.
Ce démenti porte sur l’étape Air France alléguée. Il ne règle pas, à lui seul, la question distincte rapportée vendredi concernant le chargement sur le vol El Al.
Un dossier soumis aux règles françaises d’exportation
Le ministère français des Affaires étrangères a rappelé jeudi, selon Ynet, que des composants militaires destinés à Israël ne peuvent être exportés que s’ils sont voués exclusivement à un usage défensif ou intégrés à des équipements ensuite réexportés vers des pays tiers. Paris affirme que ces exportations sont soumises à autorisation et à des garanties concernant leur utilisation finale.
À cette heure, aucune autorité française n’a publiquement confirmé la nature du fret ni annoncé si celui-ci quittera effectivement Roissy samedi. L’enjeu immédiat est donc double : l’issue opérationnelle du vol LY220 et une clarification officielle sur la licence, l’utilisateur final et le contenu du chargement.
Sources
- Ynet — 9 octobre 2026
- The Jerusalem Post — 9 octobre 2026, 22 h (heure d’Israël)
- The New Arab — 9 octobre 2026
- Anadolu / déclaration d’Air France à franceinfo — 8 octobre 2026
Visuels éditoriaux illustratifs générés par intelligence artificielle. Ils ne montrent ni le fret réel ni l’opération de Roissy.